Une dramaturgie ancrée dans le patrimoine nantais
« Sur l'Épaule de Noé » se déploie à travers cinq espaces scéniques distincts, qui sont autant d'écrins pour les différents mouvements de l'intrigue. L'Acte I investit successivement les quais de Loire et le Passage Pommeraye. L'Acte II, plus urbain et fragmenté, prendra place dans le tramway nantais, avant de basculer dans le tableau apocalyptique du Déluge et trouver enfin sa résolution dans le monde recomposé de la Recouvrance.
Ce choix dramaturgique n'est pas seulement esthétique : il répond à une stratégie de déploiement territorial de l'œuvre. Chacun de ces lieux emblématiques (le Jardin des Plantes, les Hangars, le Tramway) pourrait accueillir, en amont ou en parallèle des représentations, des performances-événements : extraits joués in situ, concerts-promenades à un ou deux instruments, répétitions publiques. Ces actions de médiation et de communication, ancrées dans le réel, créeraient un lien direct entre l'univers fictionnel et le public nantais, transformant la ville en scène ouverte et générant un engouement progressif jusqu'à la création intégrale.
Ainsi, l'architecture même du livret intègre une dimension "hors-murs", faisant de chaque lieu un ambassadeur potentiel du spectacle et de L'Île des Machines son épicentre naturel.